אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה

Publié le par Chaffards

J'ai entendu ou lu une remarque qui m'a beaucoup plu, que j'ai peut-être un peu déformée d'ailleurs :
"Toute institution finit assez rapidement par dépenser au moins la moitié de son énergie à se maintenir en place, à s'autojustifier, s'auto-légitimer."
C'est à dire que toute grande organisation, entreprise privée de grande taille, ou toute autre institution pourrait dire : "Je suis là parce que je suis là".
Dieu a dit à Moïse : "Je suis celui qui suis" dans la traduction de l'hébreu en général admise (En traduction mot à mot, il semble que la phrase soit au futur : Je serai qui serai). Dans la version grecque de la Bible (Les Septantes) cette phrase devient : Je suis celui qui est. C'est-à-dire l'existence pure. Grave contresens pour beaucoup de théologiens.
Une institution veut nous faire dire : Je suis celle qui est.
L'énergie est un fondamental de la vie, je suis l'énergie, je suis un fondamental. Je suis l'existence même (Areva). Je fais tourner les moteurs de tant de monde, je suis le déplacement (Total (notez le nom même d'ailleurs)). Je vous fournis tout ce qu'il faut pour vivre à deux pas de chez vous. Je suis un fondamental. Je suis celui qui est.


Mais il faut reprendre le message caché derrière le message publicitaire : Je suis là parce que je suis là. Ainsi, il serait possible de ne plus être là. Si la raison de la présence est juste la constatation de la présence, l'absence devient carrément envisageable. C'est d'ailleurs un des avantages du libéralisme économique, lorsqu'il n'est pas parasité par l'Etat ou l'abus de pouvoir en général : le « coup de balaie » comme éventualité concrète.
 "Pour continuer à être là, il faut parfois un peu plus que la seule envie de rester."

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